• Julie G

La charge mentale (numérique)




Le smartphone est le premier équipement numérique avec un taux d'équipement en 2019 de 77% qui dépasse celui de l’ordinateur (76%). Avec 88% des Français connectés à internet, la grande majorité des 18-39 ans l'utilise quotidiennement leur téléphone portable, un peu moins de 90% pour les 12-17 ans et les 40-59 ans, 71% pour les 60-69 ans pour 52% pour les 70 ans et plus.


Le multi-équipement numérique se répand et fait apparaitre des préférences pour le smartphone et l’ordinateur avec 63% des Français qui possèdent au moins ces deux équipements en 2019. Les supports les plus utilisés par les français sont : le mobile (tous les types confondus) : 94%, le smartphone : 91%, l’ordinateur (portable ou de bureau) : 83%, la tablette : 49%, les consoles de jeux vidéo : 43%, les montres et les bracelets connectés : 12%, les appareils pour diffuser du contenu en ligne à la télévision : 10%, les appareils pour la maison connectée : 8,9% et les casques de réalité virtuelle : 3,7%.


Les français ont une connectivité quasi permanente et le smartphone semble être le support favorisé. Il correspond à un forme de socialisation numérique dont 68% des français recherchent la connexion pour se sentir intégré à la société.


L'hyperconnexion

L'hyperconnexion (ou sur-connexion ou la sur-sollicitation numérique) correspond à plus de 3h de temps passé devant les écrans par jour.


Les français passent de plus en plus de temps devant les écrans : 4h22 en moyenne par jour, avec des écarts selon les médias :

  • internet : plus de 5h

  • la télévision (dont broadcast, streaming et vidéo à la demande : 3h19

  • les réseaux sociaux : 1h42

  • les services en ligne de musique en streaming : 58 minutes

  • les consoles de jeux : 56 minutes


Par ailleurs, les utilisateurs mobiles passent 87% de leur temps dans les applications contre13% sur le web (source : comscore). Et les services de messageries instantanées représentent une forte part de l'utilisation du téléphone : 62% des Français envoient des messages et 51% téléphonent via des applications, en 2019.


Et une étude révèle que 34% des Français ne peuvent pas s'empêcher de regarder leur téléphone portable toutes les 10 minutes et un français sur 10 déclare même ne pas pouvoir passer une heure sans être connecté. Trois quarts des français (73%) se disent dépendants de leurs outils connectés.


Le monde du travail pénètre la sphère privée et l'hyperconnexion peut également l'englober et touche principalement les cadres qui sont les plus connectés, avec une moyenne de 6 heures par jour, dont 3h36 pour des motifs professionnels.


Globalement, les français sont en moyenne davantage connectés pour des motifs personnels (3h06 par jour) que professionnels (1h24).


L'infobésité

Le mot est apparu à la fin du 20e siècle (en 1962), il s'agit d'un mot-valise : information et obésité. On peut également le trouver sous d'autres appellations comme : surcharge informationnelle (Information Overload), sur-information ou nuage informationnel. La surcharge informationnelle peut comprendre : la surcharge cognitive, la surcharge sensorielle, la surcharge communicationnelle et la surcharge de connaissances.


L'infobésité désigne "l'excès d'informations qu'une personne ne peut traiter ou supporter sans nuire à elle-même ou à son activité". Et "le ressenti de la surcharge informationnelle est étroitement corrélé à la surcharge d’activité et au sentiment d’urgence." Il a une dimension subjective qui varie donc d'une personne à l'autre.


On assiste à un véritable déluge d'information et comparé au 15e siècle, nous consommons autant d'informations en une journée qu'une seule personne aurait absorbé pendant toute sa vie à cette époque. Entre les réseaux sociaux, les emails et newsletters, les appels, les messages instantanés et autres notifications d'applications en tout genre..., le volume d'informations est important au quotidien dans sa vie privée comme dans sa vie professionnelle et les frontières se floutent.


Les risques

Les technologies peuvent êtres utiles et se mettre au service de nos besoins ou de nous divertir, nous former, nous informer... et internet est devenu la passerelle privilégiée pour se contacter et communiquer avec les autres (contacts amicaux, amoureux et professionnels). Elles peuvent cependant avoir des conséquences négatives en voici quelques-unes :

  • Troubles de la concentration et réduction de l'efficacité : réagir à chaque sollicitation diminue notre attention et notre concentration et favorise les activités multi-tâches dues à ces distractions qui arrivent en continu contribuant ainsi à abandonner la proactivité pour la réactivité et affecter la productivité.

  • Troubles de la mémoire : difficulté à retenir ce que nous lisons, les temps calmes ou de repos aide le cerveau à créer des connexions neuronales qui participent de la mémorisation à long terme.

  • Stress et anxiété : le volume des sollicitations et la pression de l'immédiateté, de la réactivité... ajoutés à la peur de manquer une information importante (FOMO - Fear Of Missing Out), de ne pas être intégré.

  • Perte de contrôle de son temps : la multiplication des sources d'information et l'instantanéité offrent une quantité de choix possibles plus importantes et peut perturber la capacité à prendre des décisions réfléchies. Cela peut engendrer une perte des priorités et des choix moins conscients sur l'utilisation de son temps, parfois aussi générer des comportements de procrastination.

  • Déconnexion de soi (solitude), des autres (phubbing - "phone" et "snubbing" - ou être concentré sur son téléphone plutôt que les personnes en face de soi), de l'environnement réel ("réalité virtuelle"), que plus d'un Français sur cinq à l'habitude de le consulter lors des repas de famille.

  • Baisse de créativité : être occupés en permanence avec les écrans diminue les moments de vide, d'ennui et de disponibilité nécessaires à l'imagination et au développement de la créativité

  • Perte de patience et du goût de l'effort

  • Troubles du sommeil : la sur-stimulation des pensées et la lumières des écrans (smartphones, tablettes, ordinateur portable) empêchent la production de la mélatonine (hormone qui régule notre rythme circadien = lumière = jour = pas sommeil) et perturbent l'endormissement.

  • Problèmes de vue : une exposition excessive à la lumière bleue des écrans peut être néfaste et provoquer des lésions au niveau de la rétine et du cristallin et provoquer la macula ou la cataracte prématurément.

  • Risques d'obésité et cardiovasculaires : l'utilisation des écrans a modifié les habitudes alimentaires et manger en regardant les écrans stimule et cerveau et retarde le sentiment de satiété et peut faire augmenter la quantité de nourriture ingérée et n'aide pas à la convivialité des repas qui pourtant réduirait les risques cardiovasculaires. De même, le temps passé devant les écrans et du temps qui n'est pas consacré à des activités physiques et augmenterait la sédentarité augmentant les risques d'obésité et cardiovasculaires.

  • Risques d'addiction : “73% des Français se disent dépendants de leurs outils connectés”


Au delà de la santé physique et mentale, l'usage des technologies et supports numériques a également, entre autres, des impacts sur l'éducation (relâchement de l'attention lors la surveillance d'enfants en bas âge, exemplarité des parents pour transmettre des consignes à respecter, 57% avouent ne pas maîtriser le temps de connexion de leurs enfants...), la sécurité routière (inacceptable de lire ou écrire un SMS et de téléphoner en conduisant (multiplication du risque d'accident en envoyant un sms ou en téléphonant...) ou sur l'environnement (pollution engendrée par les usages numériques comme le stockage et l'énergie nécessaire à cela...), etc.



D'après un sondage réalisé il semble qu'un lien soit évident entre hyperconnexion et surcharge cognitive.


Si les français n'étaient pas connectés :

  • 51% iraient de promener

  • 47% passeraient du temps avec leur entourage

  • 44% en profiteraient pour se reposer







Pour réduire la charge mentale numérique, la gestion du temps et la gestion domestique peuvent participer à apaiser son rapport aux écrans et je vous prépare dans le prochain post quelques idées pour réaliser une détox digitale.



 

Sources :

Baromètre du numérique 2019

https://www.blogdumoderateur.com/internet-reseaux-sociaux-france-2020/

https://fr.wiktionary.org/wiki/infob%C3%A9sit%C3%A9

https://fr.wikipedia.org/wiki/Surcharge_informationnelle

Étude ELABE pour AXA Prévention

Baromètre sur l’hyperconnexion par l’institut BVA pour la Fondation April

https://attentionhyperconnexion.org/tribune

https://blog.mbadmb.com/ce-quil-faut-savoir-sur-l-hyperconnexion-en-2021/

https://www.cairn.info/revue-l-expansion-management-review-2014-1-page-110.htm

Limitless, Jim Kwik

https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/observatoire-des-marches-des-communications-electroniques-en-france/marche-des-communications-electroniques-en-france-t2-2020.html

https://www.universfreebox.com/article/57409/les-abonnes-d-orange-free-sfr-et-bouygues-consomment-en-moyenne-10-go-de-data-par-mois

https://www.huffingtonpost.fr/entry/hyperconnexion-les-francais-enchainent-les-contradictions_fr_5d11ce42e4b0aa375f5252b5

https://www.doctissimo.fr/psychologie/developpement-personnel/techno-addict/hyperconnexion-dangers

https://www.thesocialdilemma.com/